Une « communauté de brevets » pour l’essor des robots en Chine

Le développement des robots en Chine est l’une des solutions envisagées par le gouvernement chinois  pour améliorer l’image du « Made in China » en privilégiant la qualité des produits, tout en augmentant la productivité des entreprises.

Le passage du « fabriqué en Chine » vers le « conçu en Chine » …

La Chine, par l’intermédiaire de son premier ministre Li Keqiang, a dévoilé au milieu de l’année 2015 son plan destiné à dynamiser la croissance chinoise pour les dix années à venir. Pour rappel, ce plan, intitulé « Made in China 2025″, vise principalement dix secteurs clés de l’économie, à savoir les machines-outils à commande numérique, les robots, les nouvelles technologies de l’information, les équipements aéronautiques, les équipements d’ingénierie océanique et les navires high-tech, les équipements ferroviaires, les véhicules à énergies nouvelles, les nouveaux matériaux, la biomédecine et les machines agricoles.

Ce plan comprend notamment des investissements du gouvernement afin de favoriser les politiques de recherche et développement des entreprises ainsi que le dépôt de demandes de brevets, avec en ligne de mire l’objectif d’une transition du « fabriqué en Chine » vers le « conçu en Chine ». Pour cela, la Chine prévoit notamment la création de quinze centres d’innovation pour 2020, puis quarante pour 2025.

… notamment via l’essor des robots…

Concerrobotnant le domaine de la robotique, la Fédération internationale de robotique considère que les compagnies de robotique chinoises sont en retard en termes de production sur leurs concurrents. Ainsi, en 2014, 56 000 robots industriels ont été vendus en Chine, ce qui représente 25% des ventes globales de robots industriels. Parmi ces robots vendus en Chine, seuls 16 000 provenaient de fournisseurs chinois. Ces chiffres s’expliquent en partie, selon Xu Xiaolan, secrétaire général de l’Institut chinois d’électronique, par une déficience au niveau du dépôt de demandes de brevet de la part de ces entreprises chinoises.

En effet, la majeure partie des brevets concernant les robots industriels sont détenus par des firmes étrangères, à savoir suisse (ABB groupe), allemande (KUKA Robotics) et japonaise (Yaskawa Electric Corps et FANUC Corps).

… et la création d’une « communauté de brevets » pour améliorer la position de la Chine !

C’est pour lutter contre ce phénomène qu’une « communauté de brevets » pour les technologies liées à la robotique industrielle a été créée par l’Industrial robot patent alliance en Chine. Un des objectifs de l’Alliance a été de créer des standards de qualité pour les brevets concernant cette technologie. A ce jour, cette communauté de brevets regroupe près d’une centaine de brevets.

Une telle démarche vise bien évidemment à améliorer la position de la Chine sur le marché de la robotique. Ce secteur est primordial quand il s’agit d’évoquer la productivité compte-tenu du fait que le coût de la main d’œuvre en Chine a considérablement augmenté ces dernières années. Aujourd’hui, on compte en moyenne 282 robots industriels pour 10 000 ouvriers en Allemagne alors que ce chiffre tombe à 14 robots industriels pour 10 000 ouvriers en Chine.

L’incitation au dépôt de brevets de qualité par les entreprises chinoises pour ce secteur devrait permettre d’augmenter non seulement la proportion de robots vendus en Chine par des entreprises chinoises, mais également le nombre de robots utilisés et donc par la même occasion la productivité de ces entreprises.

L’objectif affiché par la Chine est celui d’augmenter sa production afin de devenir le premier pays manufacturier au monde d’ici 2049, soit pour l’anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine.

Lors de la présentation du plan d’action « Made in China 2025 », le ministre a donné les lignes directrices de ce projet et a notamment exprimé le désir d’une transition du « fabriqué en Chine » vers le « conçu en Chine » et de la rapidité de production vers une qualité de production. Les mesures annoncées notamment concernant le soutien à l’innovation, à savoir la recherche et développement ainsi que la propriété industrielle, vont dans ce sens et il est désormais permis de penser qu’à l’avenir le « made in China » puisse devenir un gage de qualité.

 Article rédigé par Jérôme Ifame, du cabinet LLRllr_new